À la fin des débats sur les rapports soumis au conseil municipal (débats dans lesquels nous jouons toujours un rôle très actif), les élus ont la possibilité de poser des questions. Voici celles que nous avons posées lors du conseil du 7 octobre et qui illustrent notre combat pour la démocratie locale et un meilleur service public :
Pour bien comprendre le contexte de ces questions au Conseil Municipal, il faut savoir que le règlement du conseil ne permet de poser une question que sous la forme d’une seule et unique phrase interrogative, que la majorité municipale peut développer sa réponse tout autant qu’elle le désire, et surtout que cette réponse ne peut donner lieu à aucune intervention, commentaire ou demande de précision supplémentaire. Ainsi, la réponse est le plus souvent l’occasion pour la majorité de s’autocomplimenter, et si la réponse est hors-sujet, personne ne peut rien dire.
Ainsi, pour les deux premières questions, la majorité a fait une longue digression pour, tout en semblant ne pas comprendre l’énoncé de la question, finalement répondre à une question qui n’était pas posée.
1) La municipalité a-t-elle autorisé le Conseil Général du Val-de-Marne
à placer à certains carrefours jusqu’à six panneaux vantant son action
ou s’agit-il d’un affichage sauvage auquel il conviendrait de mettre bon
ordre ?
La réponse a été apportée par Mme Cordillot. Après une digression au sujet des panneaux du Conseil Général sur les lieux de travaux cofinancés par celui-ci (sur la RD7 par exemple), panneaux dont il n’est évidement pas question dans la question et dont nous ne contestons pas la légitimité, Mme Cordillot en est enfin venue aux petites affichettes que nous avons vu fleurir à de nombreux carrefours au mois de septembre. Mais ce n’était que pour mieux occulter une partie de la réalité. Mme Cordillot nous a en effet affirmé que cet affichage ne s’était fait qu’aux abords des collèges (ce qui est faux ; il en avait par exemple une collection au carrefour rue de Verdun/Edouard Vaillant…) et qu’il s’agissait d’informer les parents de la possibilité de se faire rembourser une partie de la carte Imagin’R – oubliant sciemment les affichettes sur les calculettes « offertes » par le Conseil Général ou l’aide à la demi-pension.
Cette partie de la réalité occultée par Mme Cordillot pose pourtant un problème important: en raison des élections cantonales qui auront lieu en mars 2011, le code électoral prévoit (article 52-1) qu’« aucune campagne de promotion publicitaire des réalisations ou de la gestion d’une collectivité ne peut être organisée sur le territoire des collectivités intéressées par le scrutin. ». Ainsi cette campagne d’affichage, en plus de la pollution qu’elle a engendrée, se trouve être totalement illégale. Cela ne semble pas poser de problème à Mme Cordillot.
C’est pour cette même raison que nous avons contesté la publication par M. Favier lors de sa visite en octobre d’un fascicule de 12 pages retraçant l’action du Conseil Général à Villejuif. Il a le droit de publier un bilan, oui, mais pas aux frais du contribuable !
Mme Cordillot a d’ailleurs soigneusement omis de répondre à la question de savoir si ces affichages avaient été autorisés…
2) Comment se fait-il que, contrairement a ce qu’avait été dit en conseil
municipal, les enfants des écoles bénéficiant de l’aide personnalisée
n’aient toujours pas accès à la passerelle que la municipalité avait
promise et qui leur permettrait de rejoindre le centre des loisirs après la sortie de l’aide à 17h30 (aujourd’hui ils ne peuvent rejoindre les
centres de loisirs qu’à 18h, ce qui laisse un gouffre en fait de passerelle) ?
La réponse a été apportée par Mme Jedrzejewski, adjointe à la culture et à l’éducation. La réponse a été, là aussi, l’objet d’une longue digression décrivant tous les services à l’enfance mis en place par la ville (accueil de loisir, etc) . Puis, Mme Jedrzejewski, a enfin abordé le sujet de la question sur la passerelle, tout en semblant ne pas comprendre que le terme « passerelle » désigne simplement la conduite des enfants en centre de loisir après l’aide personnalisée, et que cela se réduit le plus souvent au franchissement d’une porte et l’accompagnement des enfants sur le parcours d’un couloir entre les bâtiments scolaires des classes et les salles des centres de loisir. La « passerelle » semble pour la municipalité un processus qui mobilise des ressources considérables de la ville, et puisque l’« aide personnalisée » est un dispositif décidé par un gouvernement de droite, on ne voit pas pourquoi on en faciliterait la mise en place. Mme Jedrzejewski semble ignorer que cette passerelle ne faciliterait pas la vie du gouvernement mais celle des familles dont les enfants bénéficient de cette aide personnalisée. Enfin, il semble que l’on s’orienterait vers une passerelle à 17h15 pour la maternelle et 18h00 pour le primaire. Ce qui, dans ce dernier cas au moins, ne répond pas au problème que nous posions.
Là encore, la municipalité n’a pas fait ce qu’elle avait dit.
3) Comment justifier que, contrairement à ce qui était écrit dans le Villejuif Notre Ville n°135, tous les élus n’aient pas été conviés fin août à une visite des
principaux chantiers de la ville, mais seulement les élus de la majorité ?
Dans sa réponse, Mme Cordillot nous a expliqué que seuls les membres de la majorité désignés sous le terme d’ « exécutif » sont concernés par les chantiers en cours. Or, outre le fait que les élus de la majorité dans leur ensemble ne constituent pas un exécutif, Mme Cordillot montre un mépris de la représentativité de la population par l’ensemble des élus municipaux. Nous voulons défendre l’idée que tous les élus, quelque soit leur orientation politique, sont des représentants du peuple au sein du conseil municipal et qu’ils doivent bénéficier des mêmes droits à l’information, en particulier sur les chantiers de la Ville.
Là encore nous voyons que la municipalité ne fait pas ce qu’elle écrit dans Villejuif Notre Ville.