Archive de l'auteur

Chacun a été alerté cet été sur la crise de l’endettement qui touche les États occidentaux. Malheureusement, cette crise ne frappe pas que notre pays, elle concerne aussi notre ville, et de très près.

Nous avons toujours dit que l’endettement de Villejuif était déraisonnable. En 2008, au moment où éclatait l’affaire des emprunts « toxiques » contractés par de nombreuses collectivités locales, nous alertions sur le fait que Villejuif (malgré le déni de la majorité) avait contracté une partie de sa dette sous la forme de contrats qui nous exposaient à des risques non maîtrisables (risque de change, par exemple). Des efforts ont été faits pour renégocier ces contrats, mais nous sommes toujours soumis au bon vouloir des banques. Or, dans certains cas, la simple application des clauses que la ville a signées l’obligerait aujourd’hui à payer plus de 15% d’intérêt…! Seule la grande « générosité » de Dexia nous a permis de ne pas payer cette année 600 000 euros de plus que prévu, mais le problème se reposera dans quelques mois, et d’autres de nos emprunts restent dangereux…

La majorité a donc non seulement surendetté notre ville, mais elle l’a fait dans des conditions qui nous mettent entre les mains des banques !

Madame Cordillot accuse ainsi les banques (et en premier lieu Dexia qui commence à devenir tristement célèbre) de nous avoir « imposé » des contrats de prêt indexés sur des formules extrêmement complexes. Mais il suffit de lire les comptes rendus des conseils municipaux du mandat précédent pour se rendre compte que, tandis que la dette ne cessait de se creuser (passant de 76 millions en 2002 à plus de 110 aujourd’hui), la majorité se félicitait budget après budget que le poids du remboursement de la dette restait stable. Autrement dit, plus on était endettés, moins on remboursait proportionnellement ! Et d’où venait ce petit miracle ? D’un allongement de la durée des emprunts, mais aussi de la signature de ces nouvelles formules de prêts, que l’on qualifie aujourd’hui de « toxiques » et qui permettaient de bénéficier pendant trois ans en moyenne de taux extrêmement bas. En échange, au bout des trois ans, le taux devenait indexé sur des formules plus ou moins absconses :

Par exemple, le taux sur tel prêt sera de 3,23% si (CMS CPB 10 ans - Libor Yen 6 mois) ≥ 3%

Sinon le taux est de 3,23% + (4,5 x (3% - CMS CBP 10 ans - Libor Yen 6 mois).

Vous n’avez rien compris ? Rassurez-vous, les collectivités locales qui ont signé ces contrats non plus (Villejuif est évidemment loin d’être la seule) et, au vu de ce qui s’est passé ces derniers mois, on peut même se demander si les banquiers comprenaient les « produits » qu’ils proposaient… Bon, évidemment, ils comprenaient plus facilement que le commun des mortels que le prêt dont je viens de donner la formule était indexé sur l’écart entre les taux longs britanniques et les taux courts japonais, mais ils étaient incapables de prévoir réellement les conséquences et le coût final du prêt pour la ville. Pour vendre ces produits, les banques, en bons bonimenteurs, leur ont donné des noms alléchants et trompeurs (« Tofix », pour un de leurs produits les plus dangereux et pas du tout à taux fixe ! ) et ont convaincu les décisionnaires des villes à coup de graphiques prouvant que les fameuses « barrières » au-delà desquelles le taux fixe ne s’appliquait plus n’avaient jamais été franchi, ou alors si peu… Et puis, ajoutaient-elles, si la courbe devait s’inverser et le pari devenir négatif pour la ville, il serait toujours temps de renégocier pour changer la formule…

Hélas, trois fois hélas, la crise est passée par là, bouleversant toutes les données et conduisant une bonne part de ces fameuses barrières à être franchies, ce qui pourrait conduire à une explosion de nos remboursements sur certains prêts.

Ainsi, un de nos prêts (8 millions d’euros, indexé sur le franc suisse) est sorti de sa période à taux fixe ce printemps, or la barrière avait été franchie. Une « renégociation » a permis de limiter la casse (le taux n’est passé « que » de 3,3 à 5% pour cette année) et nous aurait permis d’économiser près de 600 000 euros - bravo, mais cela donne aussi la mesure du risque pris, et ce sursis ne vaut que pour un an. Le problème se reposera d’ici quelques mois.

D’autres prêts sont très préoccupants : Par exemple, le prêt indexé sur les taux courts japonais face aux taux longs britanniques dont j’ai donné l’exemple est existe bel et bien chez nous ; c’est un prêt de 13,5 millions d’euros qui sortira de sa période à taux fixe en 2012, or la barrière a été franchie. Quelle sera donc notre annuité pour ce prêt en 2012, nous sera-t-il possible de renégocier ? Mystère.

Et on pourrait malheureusement donner d’autres exemples. 23% de notre dette, soit plus de 25 millions d’euros sont officiellement classés parmi les « emprunts très risqués ». Pour ma part, j’ai relevé au moins cinq emprunts (tous chez Dexia, pour 42 millions d’euros) qu’il convient de surveiller de très près, car ils ne seront plus en taux fixe en 2012. Plusieurs autres encore sortiront de leur taux fixe en 2013…

Bien sûr, la majorité est aujourd’hui alertée et cherche à sortir de cette ornière, mais ces négociations se déroulent dans des très mauvaises conditions dans la mesure où nous sommes pratiquement le couteau sous la gorge et où nos interlocuteurs (Dexia et la Société Générale pour l’essentiel) sont eux-mêmes dans une situation telle qu’il leur est difficile de se montrer grands seigneurs… Moralité, nous n’obtenons que des améliorations à la marge (gel temporaire du taux, réduction de l’encourt sur certains prêts risqués), en échange desquelles nous sommes obligés de lâcher des conditions intéressantes sur d’autres prêts et de continuer à prendre des emprunts « structurés ».

Mise devant ces questions, Madame le Maire cherche à se dédouaner et à reporter la responsabilité de ces contrats sur les banques. C’est un peu facile : on ne peut pas d’un côté nous expliquer à longueur de conseil qu’on dirige la ville en fonction de « choix politiques » mûrement réfléchis, et de l’autre se défausser en permanence sur l’État et/ou les banques dès qu’un problème se pose. Ou on est responsable, ou on ne l’est pas. Quelle naïveté de croire que les banques pouvaient proposer des produits dont les collectivités sortiraient bénéficiaires en échange d’un risque : quand on joue, c’est toujours le casino qui gagne. Or Villejuif a joué à ce jeu-là plus et plutôt moins bien que la plupart des autres villes - voir l’article de Libération http://www.liberation.fr/societe/01012360988-votre-commune-est-elle-infectee-par-un-emprunt-toxique qui dresse la carte des villes touchées par les emprunts toxiques ;  sans surprise, on trouve Villejuif gratifiée d’un joli point rouge qui veut dire « Vos prêts risquent de vous coûter beaucoup, beaucoup plus cher que prévu… »

La vérité, c’est que les villes, et Villejuif en particulier, ont eu très envie de croire le discours des banques qui leur promettaient de l’argent à bon marché parce que cela leur permettait de se voiler encore quelque temps la face sur la réalité de leur situation financière et des choix qu’il nous faudra bientôt faire dans les pires conditions qui soient.

Comments Un commentaire »

La SEMGEST est l’entreprise semi-publique (c’est-à-dire détenue par la ville) qui fournit nos cantines, gère les Esselières et organise les événements comme les  fêtes municipales.

Or, depuis qu’à notre demande expresse, la présentation des résultats financiers a été clarifiée,  il apparaît que l’activité « restauration collective » réalise un bénéfice de 450 000 euros, soit un taux de profit de 10% ! En clair,  la SEMGEST a reçu des familles et de la ville 450 000 euros de trop pour faire la cantine. Et les familles qui la paient seront peut-être étonnées d’apprendre qu’elles contribuent ainsi indirectement à financer les fêtes offertes par la municipalité… Grand seigneur, la SEMGEST a proposé de ne pas augmenter ses tarifs cette année. C’était bien le moins !

De plus, nous avions dit l’an dernier que le coût d’introduction du bio était excessif. Ces chiffres montrent que l’on pourrait en introduire davantage pour le même prix ; avec 12% de bio nous sommes loin des recommandations du Grenelle de l’Environnement.

La délégation pour la restauration scolaire va être renouvelée en 2012. Les familles doivent se mobiliser pour que les conditions d’intervention de la SEMGEST soient complètement remises à plat dans ce domaine qui pèse très lourd dans leur porte-monnaie.

Comments Pas de commentaire »

Nous proposons de donner le prix de l’humour politique à la majorité municipale. Entre le marché et la mairie, les Villejuifois voulaient un espace ouvert, aménagé, une esplanade ? « Chiche ! », a répondu la majorité municipale : on y construira un immeuble et on l’appellera « L’Esplanade ».

Il sera construit à l’intérieur des palissades situées depuis des temps immémoriaux devant la médiathèque. Ils voulaient l’immeuble plus haut que l’église, les tribunaux ont décidé autrement. Le bâtiment devra être de la hauteur de la médiathèque et comprendra 33 places de parking pour 31 logements et activités.

Les habitants veulent des places pour se garer lorsqu’ils vont au marché, au théâtre ou dans les commerces alentours, alors pourquoi ne pas appeler cet immeuble “le Parking”? Besoin d’espaces verts, de pistes cyclables ? Pourquoi ne pas appeler l’immeuble “l’Espace vert” ou “la Piste cyclable”? Finalement, il aurait été instructif d’ouvrir un concours pour nommer cet immeuble: on aurait vu tout ce que les Villejuifois souhaitent voir dans leur ville, tout sauf cet immeuble.

Comments Pas de commentaire »

Alors que de nombreuses personnalités se réclament aujourd’hui du centre, il nous semble utile de rappeler que le centre est représenté au conseil municipal par le groupe Modem. Notre action y illustre les valeurs qui nous définissent dans le paysage politique.

Ce paysage est trop souvent décrypté avec une vision sectaire gauche/droite qui omet l’existence d’une troisième voie, le centre. Ainsi nous critiquons, en indiquant les voies à ne pas suivre (l’explosion de notre dette), mais nous faisons aussi des propositions constructives (par exemple, un programme pluriannuel pour gérer la dette ou plus récemment l’ouverture des marchés l’après-midi). Nous évaluons les décisions pour ce qu’elles sont et non en fonction du parti qui les a proposées.

Nous ne nous reconnaissons pas dans la gauche municipale qui ne voit que la dépense publique, souvent clientéliste, pour résoudre les problèmes, ni dans la droite qui, à l’image de la politique menée au niveau national, amplifie les divisions en désignant des boucs émissaires. Nous souhaitons au contraire que tous les Villejuifois puissent construire et vivre ensemble, que notre ville s’ouvre et se développe tout en respectant son environnement. Nous ne voulons pas «toujours plus» ou «toujours moins», mais «toujours mieux».

Comments Pas de commentaire »

Dimanche 22 mai, le marché de l’Avenue de Paris a été inauguré (pour la 2ème fois!).  Souhaitons un franc succès à ce marché, dont le renouveau a été si longtemps attendu par les habitants d’un quartier rudement malmené par les travaux.

Au moins, la promesse de rouvrir ce marché a été tenue. Il est vrai qu’il ne demande pas de structures lourdes. En revanche,  on peut s’inquiéter pour le marché Delaune, dont la configuration actuelle était censée être provisoire, avant une véritable réhabilitation élaborée avec les habitants. Le provisoire risque bien de se prolonger. Car, dans ce domaine comme dans d’autres, la municipalité a fait des promesses qu’elle ne pourra pas tenir à cause du surendettement de la ville et de l’absence de capacité d’investissement. En conséquence, il n’y a aucun budget pour la rénovation du marché Delaune en 2011, et aucun budget n’est prévu  dans les années à venir.

Pour finir, formulons des propositions constructives: Le contrat de gestion des marchés sera bientôt renégocié. Exigeons que les deux autres marchés de la ville puissent proposer des séances d’ouverture l’après-midi, comme c’est le cas du marché de l’avenue de Paris. Ceci correspond à l’évolution des modes de consommation et permettrait de répondre à une nouvelle demande.

Comments Pas de commentaire »

Notre ville est sale, tout le monde s’en plaint. Encore que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne : mieux vaut habiter en centre-ville que le long de la RD7 (ex-N7) où les travaux du tramway ont favorisé un degré de saleté intolérable…

Avec les élections cantonales, le niveau de saleté a été considérablement aggravé par l’affichage sauvage (donc illégal) des candidats communistes - jusque dans des halls d’immeuble ou sur des palissades comme celles de Cancer Campus ou devant la médiathèque (des palissades qui ont coûté plusieurs dizaines de milliers d’euros à la ville !). Au-delà de la pollution visuelle, ces affiches se décollent et s’accumulent parmi les détritus qui jonchent notre ville.

Quand on pose la question de la saleté de Villejuif en réunion publique, Mme Cordillot répond qu’il faut éduquer les citoyens. Malheureusement, ceux qui dirigent notre ville sont les premiers à montrer le mauvais exemple. Rappelons que la candidate PS aux cantonales qui a soutenu au deuxième tour les auteurs d’affichage sauvage est “adjointe à la propreté” - quel paradoxe! Alors, oui il faut éduquer les citoyens, mais pour cela les élus doivent avoir un comportement exemplaire. Enfin nous demandons que les candidats en question paient les frais de nettoyage de leurs détritus.

Comments Pas de commentaire »

A Villejuif, les élections cantonales ont encore donné lieu à un spectacle affligeant : dans le canton Ouest, le PS a changé de camp entre les deux tours pour soutenir le communiste contre le candidat Vert avec qui il s’était allié au 1er tour ; dans le canton Est, la candidate PS, après avoir appelé au « vote utile », s’est désistée pour garantir la victoire du candidat PC, élu triomphalement avec 12 % des inscrits au 1er tour. Pas vraiment de quoi pavoiser ! Une fois encore, notre ville reste l’otage d’accords dictés par les appareils des partis et les socialistes trompent les électeurs en les privant de la possibilité de s’exprimer. Comment s’étonner de la démobilisation de l’électorat non-communiste, quand tout semble écrit d’avance ? Avec ce spectacle, il n’est pas étonnant que les électeurs se fassent une bien mauvaise opinion de leurs élus et ne daignent même plus se déplacer (65% d’abstention à Villejuif !). À l’heure où des populations risquent leur vie pour faire émerger la démocratie dans leur pays, la démocratie reste un bien précieux que nous devons faire vivre dans notre ville.

Merci à tous les électeurs qui nous ont accordé leur confiance. Nous continuerons à nous battre au sein du conseil municipal pour les idées que nous avons défendues dans cette campagne.

Comments Pas de commentaire »

Le budget 2011 de la ville est marqué par les restrictions et le quasi-arrêt des investissements. Pire, la majorité municipale ne présente aucune perspective permettant d’envisager une amélioration et se contente d’accuser encore et toujours l’État !

Seule une perspective, lourde de conséquences, apparaît avec la ZAC Cancer-Campus et le nouveau quartier de 10 000 habitants que la ville veut construire autour de l’IGR. Pour parvenir à l’objectif de 40 % de HLM que s’est fixé la majorité (contre 36% aujourd’hui), plus de la moitié des nouveaux habitants devront être logés dans des HLM (de 15, 20 étages ?). Or la construction de ce type de logements a un coût pour la ville - aides directes, manque à gagner en taxe foncière.

Nous réaffirmons que nous sommes pour une véritable mixité sociale jusqu’au cœur des quartiers (en imposant 25% de logement social dans toute nouvelle construction). Mais, vu la situation financière catastrophique de la ville, il ne nous paraît pas responsable de vouloir encore construire massivement des HLM.

Comments Pas de commentaire »

Consultez notre site de campagne : www.cantonales-villejuif.fr

Comments Pas de commentaire »

Dernièrement, nous vous alertions sur la multiplication des ZAC avec le vote des projets de ZAC ARAGON (autour du métro) et Cancer-Campus (autour de l’IGR et des Hautes-Bruyères). Suite à notre alerte, un habitant s’est inquiété parce qu’il se trouvait à proximité de la ZAC ARAGON, dont le périmètre est visible sur le site de la ville; il a contacté les services de l’urbanisme. On lui a clairement laissé entendre que, « en fonction des besoins d’utilité publique », la zone pourra être élargie jusqu’à englober sa maison. Face à son inquiétude de se voir exproprié, on lui a simplement demandé pourquoi il tenait tant à garder sa maison… !

Nous vous invitons vivement à tous vous renseigner auprès des services municipaux sur ces projets de ZAC. En particulier, ceux qui sont concernés par la ZAC ARAGON sont invités à se rendre à la réunion publique qui aura lieu le 3 mars en mairie.

Comments Pas de commentaire »