Ce fut un conseil comme de coutume très animé, notamment autour de deux dossiers, la SEMGEST et, surtout, le projet Autolib, qui aura provoqué de longs débats et des divisions au sein même des groupes.

* Crédit-bail Flobail : le premier dossier d’importance soumis au conseil aura été celui du crédit-bail Flobail. Cette opération, lancée en 1999, devait permettre à la ville de financer l’acquisition de locaux (place du Moutier, rue Paul Bert, place de la Fontaine, rue de Verdun) par leur mise en location. Malheureusement, en raison de la non-location d’un des bâtiments, ce montage est d’année en année lourdement déficitaire : 140 000 euros en 2007, 140 000 euros en 2008, autant à prévoir pour 2009. Avec le déménagement de la trésorerie qui quittera en fin d’année les locaux de la place du Moutier, c’est un gouffre qui s’ouvre sous nos pieds pour 2010. Or, alors que cette aggravation de la situation est connue depuis des mois, il est symptomatique que la municipalité en soit encore à commencer d’envisager de réfléchir à des solutions.

Notre groupe, par la voix de Jorge Carvalho, a dénoncé l’incurie qui conduit à laisser traîner des dossiers pendant des années, ce qui coûte au final très cher aux Villejuifois.

* Bilans d’activité de la SEMGEST : Cécile Deniard a rappelé l’importance de cette Société d’Economie Mixte dans la vie de notre ville puisque, entre la cantine scolaire et l’événementiel, elle représente plus de 5 millions de dépenses chaque année.

Rappelons que ce système de SEM place la ville dans la situation paradoxale d’être juge et partie puisque la ville est à la fois le principal client de la société (les trois quarts du chiffre d’affaire, si l’on tient compte des clients captifs que sont les parents d’élève) et son principal actionnaire (64%) - moyennant quoi les « appels d’offre » rituellement organisés ne peuvent être que de façade car on imagine mal comment la ville choisirait de déléguer ces services à une autre entreprise.

Or, même  si ce système de délégation  peut se justifier pour l’organisation de certaines manifestations et la mise en valeur de l’Espace-Congrès des Esselières, le service rendu ne paraît pas justifier le prix facturé à la ville pour la cantine scolaire (5,66 euros par repas en 2008, 5,78 euros en 2009). Pour expliquer ce tarif, la SEMGEST explique (notamment dans un dépliant envoyé aux parents d’élèves) qu’outre les denrées alimentaires, ce prix comprend divers services (transport, fournitures, animations, formations…). Mais les rapides calculs effectués à partir des tableaux fournis révèlent vite que ces services n’entrent que pour une part infime dans le coût des repas (environ 2,5 centimes pour les animations ; 8 centimes pour les frais de transports ; pour le matériel et les formations, le chiffre est de l’ordre de l’infinitésimal…). En réalité, à part l’alimentaire (2,5 euros par repas), le gros poste de dépense est certainement le personnel, seulement les tableaux fournis ne permettent pas de se faire une idée de ce coût pour la cantine scolaire (lu tout seul, le tableau « restauration collective » conduirait à conclure que chaque repas ne coûte que 3,70 euros à la SEMGEST, qui ferait donc un bénéfice de 2 euros par repas !).

Nous demandons donc que la SEMGEST fournisse non seulement une liste des services rendus, mais une ventilation du coût par repas des différents postes (denrées alimentaires, personnel, transport, prestations annexes…), qui seul permettrait d’établir des comparaisons et d’évaluer le service rendu.

En ce qui concerne l’événementiel, et sur une note d’humour, Jorge Carvalho a fait remarquer que la liste des clients « privés » de la SEM contient en réalité un très grand nombre de collectivités publiques : mairie de Champs-sur-Marne, de Gentilly, de Sevran, de Champigny-sur-Marne, de Saint-Ouen, de Noisy… Cherchez l’intruse : seule une d’elles n’est pas (plus) communiste ! Cette situation pose la question de savoir pourquoi les villes qui ne sont pas politiquement proches de la municipalité ne jugent pas l’offre commerciale de la SEMGEST intéressante…

Enfin Cécile Deniard a redemandé que, compte tenu de l’importance de cette SEM pour notre ville, son conseil d’administration comporte au moins un représentant de l’opposition. Puisque ce conseil d’administration, à en croire M. Domenc, n’y paraît pas opposé, ne reste plus qu’à passer de la parole aux actes.

* Autolib : C’est enfin le débat sur Autolib qui restera dans les mémoires. Ce dossier avait déjà été soumis une première fois au conseil municipal dans le courant de l’année, mais la discussion finalement repoussée tant un grand nombre de points restaient à éclaircir. Quelques mois plus tard, ces points restent obscurs, au point que la majorité s’est pour la première fois divisée sur un vote important.

Rappelons qu’Autolib est un projet de location d’automobiles électriques en libre-service sur Paris et la proche banlieue. Il était demandé à la ville d’adhérer au syndicat mixte qui porte ce projet et d’ainsi accepter de financer quatre stations sur son territoire, huit autres devant être réalisées par le syndicat grâce à une subvention de la Région.

Même si le coût prévu pour la ville reste modeste (quelques milliers d’euros par an) et l’intérêt indéniable pour tous ceux qui gagneraient un moyen de locomotion supplémentaire ou y verraient l’occasion de renoncer à la première ou deuxième voiture familiale, de lourdes hypothèques subsistent encore sur la faisabilité du projet qui serait, il est vrai, une première mondiale (tracas logistiques, risque de déprédations, difficulté pour l’entreprise délégataire de dégager quelque bénéfice… sans parler du fait qu’il n’existerait aujourd’hui aucune voiture électrique répondant au cahier des charges).

Les débats furent riches, parfois passionnés et, pour une fois, un peu déconnectés de prises de position partisanes. Et au final, chacun aura voté en fonction de son évaluation du rapport risque/bénéfice.

Verdict : 25 pour (dont Jorge Carvalho), 2 absentions et 14 contre (dont Cécile Deniard). Eh oui, les élus de notre groupe ont fait usage de la précieuse liberté de vote inscrite au fronton du MoDem et qui impose aux élus à se prononcer en conscience.

L’appel d’offre vient d’être lancé par le syndicat. Souhaitons que si ce projet se réalise, il le soit avec un délégataire qui aura pris la mesure des enjeux et aura pu mettre au point un modèle économique viable. Faute de quoi, il est à prévoir qu’au bout de quelques années, les collectivités locales adhérentes seraient appelées au secours d’un système en faillite.

* Création d’un Comité d’Information sur les Risques Technologiques et Industriels, qui doit réunir des élus et des membres d’association. Une place est réservée pour un représentant de l’opposition. Nous choisissons, et toute l’opposition nous suit, de soutenir la candidature d’Alexandre Maffre (Les Verts-Villejuif Autrement), dont l’évaluation des risques industriels est précisément le métier. Surprise manifeste de la majorité, comme s’il était inconcevable que l’opposition puisse s’unir pour la bonne cause.

* Questions orales : en fin de séance, notre groupe a demandé (pour la deuxième fois) quand les conseillers municipaux pourraient enfin recevoir les rapports et documents sous forme électronique et s’il serait possible de mettre à disposition du public en début de séance du conseil un document reprenant les pages de présentation afin que les personnes qui ont fait l’effort de se déplacer puissent suivre nos échanges dans de bonnes conditions. Ces deux choses se font depuis longtemps et sans difficulté dans des nombreuses villes, mais, à en croire Mme Cordillot, tout cela est très compliqué, voire, dans le cas de la communication des rapports soumis au vote, pas souhaitable. Il nous semble pourtant invraisemblable d’affliger à l’assistance des heures de discussion sur des documents dont elle ignore la teneur. Nous insisterons.

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