Que s’est-il passé au conseil municipal du 19 novembre ?
Publié par Alain Lecavelier dans Compte Rendu Conseil MunicipalLe conseil du 19 novembre se promettait d’être court, avec seulement 13 rapports soumis au vote ou à discussion. Il a été beaucoup plus long que prévu et s’est achevé à plus de 1 heure du matin ; le petit nombre de rapport incitant peut-être les conseillers à s’exprimer plus longuement.
On retiendra que sur les dossiers importants (budget, Plan Local de l’Habitat et l’immeuble du centre-ville) le groupe Modem a fait valoir son point de vue, bien différent de celui de la majorité municipale.
Scission du groupe d’opposition Vivre à Villejuif.
Le conseil a commencé par une déclaration de Mme Beurtheret (UMP) qui a expliqué pourquoi quatre conseillers sur les six composant le groupe « Vivre à Villejuif » présidé par M. Harel ont quitté ce groupe et ont créé un nouveau groupe intitulé « UMP-Centre et sympathisants ». Mme Beurtheret a dit vouloir respecter les engagements pris devant les électeurs et a souhaité que la création de ce nouveau groupe permette une « expression pluraliste de l’opposition villejuifoise ». Il faut souligner l’attitude plutôt réservée de Mme Cordillot pour la gestion de cette situation particulière d’un groupe de l’opposition, situation qui pouvait prêter le flan à des critiques ironiques ou méprisantes, comme on peut en entendre bien trop souvent dans ce conseil. A cette occasion, Mme le Maire s’est contentée d’un commentaire ironique sur la division de l’opposition.
Budget Supplémentaire
Le premier rapport important présenté au vote concernait le vote du budget supplémentaire présenté par M. Arrouche, adjoint aux finances. Ce budget supplémentaire montre une baisse des recettes des participations familiales qui s’explique par la modification du quotient familial et la chute de la fréquentation des activités. Il est curieux de voir que personne ne semble s’interroger sur les causes de cette baisse de fréquentation des activités périscolaires ; s’agit-il des familles en difficulté qui rognent sur cette ligne de leur budget ? Ou le tarif excessif que doivent payer certaines familles les décourage-t-elles d’utiliser ces services ? Cette baisse est pourtant un indice important d’un changement profond dans la vie quotidienne des familles villejuifoises ; cela n’a fait l’objet d’aucune remarque, ni même de la moindre tentative d’explication.
La lecture des chiffres d’un budget offre toujours quelques perles d’interprétation : par exemple, M. Domenc s’est exprimé pour affirmer qu’il s’agit d’un « budget réaliste » conforme aux objectifs du groupe socialiste qu’il représente et semble croire que « ce budget permet de dégager une épargne nette et à terme de diminuer l’endettement ». La montagne de l’endettement est devant nous, elle ne cesse de croître de plus en plus vite, mais on veut croire qu’un jour elle s’évanouira.
Mme Deniard, du groupe Modem, a renouvelé la démonstration de sa maîtrise de ce dossier complexe en montrant que certains indicateurs utilisés par la majorité municipale n’étaient pas pertinents. Par exemple, le solde positif net global de 2008 n’est pas un indicateur pertinent (il ne s’agit de rien d’autre que du fonds de roulement !). Mme Deniard a terminé son intervention en demandant quel était l’encours de la dette après l’application de ce budget supplémentaire. Mme Cordillot a expliqué qu’elle ne pouvait donner de réponse à cette question, et effectivement Mme Cordillot ne peut donner le chiffre de l’encours dont la valeur courante à un jour donné dépend des remboursements. Une façon de botter en touche, même si le montant théorique au 31 décembre devrait être connu. Plus grave, on est pour le moins surpris, pour ne pas dire plus, de constater que même le Maire ne semble pas connaître le montant de l’augmentation de la dette de la ville induite par le budget supplémentaire présenté au vote lors de ce conseil… à 2 millions d’euros près, une bagatelle… Cela en dit long sur le niveau de conscience de la situation d’endettement dans laquelle la ville se situe.
L’adjoint aux finances, M. Arrouche, a tenu à répondre à l’intervention de Mme Deniard, toujours très écoutée dans ce domaine. Il a reconnu que Mme Deniard a fait de « bonnes remarques » mais que cela ne change pas ce que la majorité municipale veut faire, c’est-à-dire un «service publique qui répond à la demande sociale, [...] sans laisser filer l’encours de la dette ». On s’amusera à noter que la crise a bon dos puisque, selon M. Arrouche, « l’encours de la dette est soumis à des aléas comme la crise financière » : voilà la ville endettée par la crise !
Pour conclure ce débat, M. Labat (Les Verts-Villejuif Autrement) a exprimé sa satisfaction de voir que la question de la dette soit prise au sérieux par l’ensemble du Conseil Municipal. Les interventions répétées et la mobilisation du groupe Modem n’y sont probablement pas pour rien.
Le Plan Local de l’Habitat
Lors de la présentation du rapport sur le PLH, Mme Deniard a souligné que ce nouveau rapport fait suite à un rapport précédent où on avait tenté de contourner la loi sur le Supplément de Loyer de Solidarité (voir la tribune sur ce sujet). Le comité régional de l’habitat a donc logiquement demandé la modification de certaines dispositions dérogatoires que la majorité avait voulu imposer. Mme Deniard note que le nouveau rapport proposé à ce conseil municipal tente de contourner la loi d’une autre façon. Cette tentative de détournement explique pourquoi le groupe Modem a choisi de voter contre ce rapport, en concluant par une question : « pourquoi l’effort des plus aisés devrait-il être moindre que celui des familles plus modestes ?».
Suite à cette intervention de Mme Deniard, le public a eu droit à des interventions surréalistes utilisant une technique bien rodée : on détourne et dénature les propos tenus par un conseiller de l’opposition pour les caricaturer. A croire les caricatures, le Modem serait contre le logement social en s’opposant à la suppression du Supplément de Loyer de Solidarité ! Curieuse situation où l’extrême gauche cherche à ne pas appliquer un loyer de solidarité qui s’adresse aux plus aisés… On ne peut que regretter que Mme Deniard ne soit intervenue à nouveau pour expliciter ce qu’elle a dit et ce qu’elle n’a pas dit. M. Labat qui, par le passé, a également été victime de ce genre de méthode de dénigrement de ses propos, a souvent repris la parole pour dénoncer le détournement de son intervention.
La mosquée
Lors de la présentation du projet de la construction d’une mosquée à Villejuif, M. Carvalho, président du groupe Modem, a fait une courte intervention pour se réjouir de voir ce projet se réaliser. En faisant allusion au débat sur la proximité de cette construction avec l’église copte, il a terminé son intervention en soulignant « qu’il ne peut pas avoir d’intégration sans acceptation de l’autre ».
L’immeuble sur l’esplanade du centre-ville
Le permis de construire du bâtiment sur l’esplanade du centre-ville (à l’endroit où se trouvent des palissades depuis des temps immémoriaux) a donné lieu à quelques vifs débats. Jorge Carvalho a expliqué que la construction de ce bâtiment est une conséquence directe de la dette qui impose cette construction. « C’est la dette qui nous gouverne », s’est-il exclamé, en regrettant que la population ait été si peu consultée pour cette construction extrêmement importante pour la physionomie du centre-ville.
Question orale.
Le groupe « Les Verts -Villejuif Autrement » a posé une question sur un prospectus sur le budget de la SEMGEST distribué aux familles, notant que ce document contient des chiffres très différents de ceux présentés en conseil municipal.
Mme Jedrzejewski a répondu sans frémir que finalement ce sont les chiffres du document de propagande de la SEMGEST qui sont justes et que ceux portés à la connaissance du conseil municipal lors du vote du budget n’étaient qu’une estimation très loin de la réalité (parfois faux de plus de 100% !!). On s’étrangle de constater qu’un conseiller municipal peut dire, comme si de rien n’était, qu’un document de propagande contient des informations justes et que les documents mis à disposition des conseillers sont faux ! Pour couronner le tout, le règlement du conseil qui encadre le déroulement d’une « question orale » interdit toute intervention après la réponse de la majorité, et donc personne ne pouvait intervenir pour souligner l’absurdité kafkaïenne de cette réponse !! Avec un droit de parole de l’opposition si strictement encadré, la majorité pourra s’exprimer de cette façon pendant encore longtemps sans être inquiétée.
Vœux
Cette séance du conseil municipal s’est close par le vote de trois vœux, dont un sur la suppression du « Défenseur des enfants », un sur la Taxe Professionnelle qui a été amendé suite aux observations du groupe MoDem, et un sur la signature de Villejuif à l’appel de onze ONG pour la préparation du sommet de Copenhague. Le groupe Modem a voté ces trois vœux.
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