Compte rendu du Conseil Municipal de Villejuif du 20 janvier 2009
Publié par Alain Lecavelier dans Compte Rendu Conseil MunicipalRésumé. Cette séance du Conseil du 20 janvier a été particulièrement importante. Il est fort à parier que les événements importants qui ont eu lieu ne seront pas rapportés dans le compte rendu officiel avec le relief qu’ils méritent. En effet, lors de la séance du 20 janvier on a pu voir les deux positions les plus extrêmes qu’une majorité puisse adopter vis à vis de l’opposition. Lors de ce conseil, pour la première fois à Villejuif, les groupes d’opposition pouvaient proposer au vote un projet. Mais c’est aussi la première fois depuis la réélection de la majorité, que le droit de parole de l’opposition a été très sérieusement et violemment entravé, par deux fois en fin de séance. C’est ce paradoxe que nous retiendrons de ce Conseil Municipal du 20 janvier 2009. Malheureusement, Jorge Carvalho du groupe MoDem a dû être excusé pour cause de maladie et n’a pas pu participer aux débats. Le Conseil a commencé par les formalités habituelles et le vote du rapport sur la création du “Contrat de Réussite Solidaire” entre la ville et les jeunes. La mise en place de cette structure a donné l’occasion à Cécile Deniard du groupe MoDem de formuler des interrogations de fond sur ce projet (le mode de constitution du comité de pilotage et l’affectation des 30 000 euros de budget).
Une première : des projets proposés par les groupes d’opposition
La création du “Contrat de Réussite Solidaire” a été suivie par l’étude des rapports des groupes de l’opposition, ce qui devait constituer le moment fort de cette séance du Conseil. En effet, pour la première fois à Villejuif, les groupes d’opposition peuvent une fois par an proposer un projet au vote. Il faut savoir que le dépôt d’un rapport au vote du Conseil Municipal est un travail colossal. Ce doit être une proposition concrète, argumentée, réaliste et techniquement correcte. Cette ouverture de la majorité vis-à-vis de l’opposition pouvait donc facilement se transformer en piège, car il est difficile de répondre à tous ces critères lorsque l’on ne dispose pas du temps et des moyens dont dispose la municipalité. A cette occasion, il pouvait être facile de reprocher à l’opposition son incompétence ou son absence de proposition concrète. Mais parmi les trois groupes de l’opposition (MoDem, Les Verts-Villejuif Autrement, Vivre à Villejuif), deux groupes ont fait le choix de relever le défi : le groupe MoDem et Les Verts-Villejuif Autrement. Ils ont tous les deux réussi avec brio à faire valoir leurs idées.
Le MoDem demande un audit sur l’endettement
Pour le groupe MoDem, Cécile Deniard a proposé un audit externe de l’endettement de la ville (voir le texte sur cette page web). Dans son intervention elle a rappelé que lors de la campagne électorale son groupe avait exprimé une vive inquiétude relative au haut niveau de fiscalité et d’endettement de la ville. Elle a souhaité un regard précis sur les stratégies relatives à l’endettement et sur les contrats d’emprunt. Lors des débats préparatoires en commission, il semble avoir régner un esprit constructif. Après une première phase où se sont exprimées des craintes de voir sa gestion mise en cause, la majorité a reconnu que ce très fort endettement posait des questions qui méritaient d’être étudiées. Un accord a émergé sur la mise en place d’une première étude et d’un séminaire avec l’ensemble des conseillers et des intervenants extérieurs pour étudier cette situation. Ce n’est donc pas un véritable audit externe comme le groupe MoDem l’aurait souhaité, mais c’est un premier pas vers la mise en lumière de la situation financière de la ville qui se révèle particulièrement préoccupante. Cette préoccupation sera l’objet des deux Conseils Municipaux suivants avec l’étude du budget. Quoiqu’il en soit, l’ensemble des intervenants ont souligné l’esprit constructif qui a régné en commission et qui a permis l’élaboration d’un consensus acceptable par tous. Le rapport proposé par le groupe MoDem a été adopté à l’unanimité.
Les Verts-Villejuif Autrement proposent une régie de quartier
De leur côté le groupe “Les Verts Villejuif-Autrement” ont proposé la création d’une “régie de quartier” dans le sud de la ville. Il s’agit d’une structure associative indépendante avec trois groupes d’acteurs : les habitants, les bailleurs et la municipalité, avec pour objectif de répondre à l’amélioration de la vie de quartier, et à l’insertion par l’activité économique. Une telle régie de quartier existe au Blanc-Mesnil et semble bien fonctionner. Les commissions qui ont étudié ce projet ont abouti à la création d’un groupe de travail, ce qui a obtenu l’accord du groupe “Les Verts Villejuif-Autrement”. Espérons que la création de ce groupe de travail ne constitue pas un enterrement de première classe. Ce rapport a également été adopté à l’unanimité.
Discussion houleuse autour d’un vœu sur Gaza…
Après ces deux rapports de l’opposition, 11 autres rapports sont discutés et votés. Puis ce fut le tour des débats sur l’attribution d’une subvention au secours populaire pour une intervention dans la bande de Gaza, discuté conjointement avec une proposition d’un vœu du Conseil Municipal au sujet des événements en Palestine. Cécile Deniard du groupe MoDem s’est exprimée sur la procédure utilisée par la majorité à l’occasion de ce vœu dont le texte a été déposé sur la table en début de séance. Elle a vivement protesté contre la méthode utilisée par la majorité pour faire voter un texte dont elle n’a eu connaissance qu’au début de la séance du Conseil Municipal, donc sans avoir eu le temps d’en lire le contenu avant d’avoir à le voter. Jean-François Harel du Groupe Vivre-à-Villejuif a lu une intervention sur ce vœu. Il a souligné qu’il s’interrogeait sérieusement sur les motivations profondes et sur l’efficacité concrète d’un vœu formulé par le Conseil Municipal au sujet de Gaza. Son intervention a été chahutée par un brouhaha de désapprobation de la majorité, et surtout une exclamation forte de Mme Cordillot “C’EST SCANDALEUX !”. Puis après quelques phrases, Mme Cordillot a coupé le micro à M. Harel qui a continué son intervention après quelques secondes de surprise. M. Teriltzian du groupe PS ,assis à côté de Mme Cordillot, a manifesté gestuellement un désaccord sur cette coupure de micro. Mais Mme Cordillot n’a pas remis pas le micro, entravant ainsi physiquement la possibilité à un conseiller municipal de l’opposition de s’exprimer (chacun pourra juger de ce qui est le plus scandaleux). M. Harel a terminé son intervention en rappelant que la loi (article L2121-29) précise que le Conseil Municipal ne peut émettre des vœux que sur des sujets d’intérêt local, et il a demandé que désormais les vœux formulés par le Conseil Municipal de Villejuif concernent exclusivement la ville, la Communauté d’Agglomération ou le Département.
… et d’une question du MoDem sur des interventions politisées de parents d’élèves dans des classes de primaire
Enfin, alors que la séance semblait terminée, les conseillers municipaux se sont levés et laissant la confusion s’installer, dans le brouhaha, Mme Cordillot a demandé s’il y avait une question orale. Sur cette demande, elle a rappelé que le règlement du Conseil Municipal stipule que “la question orale est une question simple sous forme d’une phrase interrogative”. Mme Cordillot savait pertinemment que le groupe Modem souhaitait poser une question dont elle avait eu le texte dans l’après-midi et qui portait sur le fait que, le 9 janvier dernier, à l’école primaire Paul-Vaillant-Couturier, des représentants de parents d’élèves s’étaient permis d’intervenir jusque dans les classes auprès des enfants pour leur expliquer leur rejet des mesures Darcos. Mais Mme Cordillot n’a visiblement pas voulu que cette question soit étudiée dans le calme. Pour la deuxième fois dans la soirée, l’expression de l’opposition était entravée et traitée avec mépris. Lorsque enfin Cécile Deniard a obtenu la parole pour poser sa question, elle a souhaité pouvoir lire un court texte explicatif, mais Mme Cordillot a interrompu cette intervention plusieurs fois demandant de formuler une question sans explication. Cécile Deniard n’a donc pas pu lire son texte, et a dû résumer très brièvement l’objet de sa question (dont le texte peut être consulté sur cette page web). En réponse, Mme Cordillot a précisé qu’elle s’est rapprochée de l’Inspecteur d’Académie car elle n’avait pas eu d’information sur ce sujet, reconnaissant implicitement les événements graves rapportés dans la question. Elle a expliqué que ces parents ont voulu expliquer aux enfants les raisons de leur présence dans les écoles et l’ont fait de manière maladroite. Elle a qualifié ces événements de “non-incident”. Mme Cordillot n’a bien sûr pas précisé que le président du groupe de parents d’élève qui a mené cette action était un conseiller municipal de la majorité qui curieusement était absent ce jour là…

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