Intervention sur l’adhésion de Villejuif au syndicat « Paris Métropole » - 20 janvier 2009
Publié par Cécile Deniard dans Grand Paris, Interventions au Conseil MunicipalLe syndicat « Paris Métropole » se donne pour objet de réaliser des études de niveau métropolitain dans les domaines du logement, des transports, de l’aménagement, du développement économique, mais aussi d’engager des réflexions sur la solidarité financière et l’évolution de la gouvernance de la métropole.
Or sa création intervient précisément à un moment où s’affrontent différents scénarios et différentes approches de l’avenir de la région parisienne.
Les principales communautés urbaines de France (Bordeaux, Lyon, Strasbourg et Lille) sont nées par la loi, de la volonté de l’État, à une époque, en 1966, où l’Etat avait cette posture de décideur centralisateur. A l’époque où il était hors de question que Paris fasse partie de ce mouvement, car cela faisait peur : peur à l’Etat que le président de cette intercommunalité parisienne soit trop puissant et peur aux autres communes de l’agglomération parisienne qui pensaient être absorbées par un Grand Paris hégémonique.
Aujourd’hui, les choses ont changé. Il y a eu la décentralisation lancée dans les années 80 et la création des régions en tant que collectivités territoriales, gérées par des élus. Les collectivités territoriales se sont structuré, ont pris des compétences propres et se sont émancipées par rapport à un Etat qui, de son côté, se désengage de plus en plus.
Les choses ont changé donc et il n’est plus question pour nous d’accepter une nouvelle planification étatique, centralisée et unilatérale de la carte des collectivités locales en France. En cela, la nomination au sein du gouvernement d’un secrétaire d’État chargé de la région capitale, une sorte de « super-préfet », est regrettable. Nous ne souhaitons pas cette reprise en main par l’Etat du destin de nos communes, nous ne voulons pas revenir en arrière et retrouver cette époque où l’Etat croyait savoir, et prenait toutes les décisions, parmi lesquelles la fabuleuse idée des villes-nouvelles.Dans ce contexte, la création en 2006 de la « Conférence Métropolitaine » et aujourd’hui, dans son prolongement, du syndicat d’études « Paris Métropole » manifeste la volonté des collectivités territoriales de la région de réfléchir ensemble à leur destin commun et d’en garder la maîtrise. Il s’agit là d’une démarche que le MoDem, porteur d’une vision décentralisatrice et régionaliste, ne peut qu’approuver.
Ceci ne doit pas masquer les incertitudes et les réserves qui peuvent s’exprimer : incertitudes d’abord sur les capacités de fonctionnement d’une instance qui pourrait compter jusqu’à 174 membres, puisque y siégeront la région, les départements, les communes et les communautés de commune (on peut d’ailleurs à mon sens s’interroger sur la présence de ces dernières, qui n’ont qu’une légitimité démocratique indirecte et ne devraient avoir comme vocation que de représenter la somme des volontés des communes qui les composent…). À l’heure où beaucoup s’accordent à souhaiter une simplification du mille-feuille administratif par une clarification des compétences, il ne s’agit pas créer un échelon de plus, dont l’articulation avec la région serait d’ailleurs problématique. Le rapport qui nous est soumis évoque les projets de Villejuif (Campus de cancérologie, Orbival, requalification de la N7) qui gagneront à la création de ce syndicat. Il me semble pourtant que la ville ne manque déjà pas d’interlocuteurs à tous les niveaux sur ces projets et il ne faudrait pas alourdir encore les processus.
Dans le même ordre d’idée, on peut s’interroger sur la page 4 des statuts, où on lit « Le syndicat mixte aura parmi ses objectifs prioritaires [...] le renforcement de la création de richesse sur le territoire métropolitain et le développement des capacités d’investissement public des collectivités territoriales par la mobilisation de nouvelles ressources financières. » Cette affirmation semble tenir de la formule incantatoire, tant il est vrai que se regrouper n’a jamais, en soi, fait magiquement apparaître « de nouvelles ressources financières » - sauf à créer un nouvel impôt (!) ou à faire de cette instance supplémentaire le levier d’un nouvel endettement, comme cela a par exemple été le cas avec les communautés d’agglomération.Ces réserves nécessaires posées, nous nous associons encore une fois à la création de ce syndicat d’études, dans la mesure où il vise à l’organisation d’une plus grande solidarité de projets entre Paris et sa couronne et où il manifeste la volonté des collectivités locales d’être partie prenante de la réflexion sur leur destin commun.

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